Privilégiant la « co-construction » avec les différents intervenants, les chercheurs de l’Université catholique de Louvain et de la Fondation Travail-Université ont élaboré un référentiel à partir des expériences issues des différents projets. Au final, le rapport de recherche est « traduit » en six fiches thématiques de manière à rendre l’analyse plus directement accessible aux professionnels de terrain. L’analyse concerne le contexte carcéral, le cadre légal, le cadre institutionnel de ces interventions ou encore les fondements et les conditions de l’intervention, les missions de l’intervenant et les outils disponibles ou envisageables.

Mobilisant les recherches réalisées dans le domaine, les chercheurs insistent sur l’importance – sous certaines conditions – du maintien de la relation entre l’enfant et son parent détenu, tant pour l’enfant que pour le parent. Au vu des expériences des douze initiatives, ils identifient des conditions susceptibles de rendre cohérente et pertinente l’intervention au profit de la relation en question. Les chercheurs pointent le découpage institutionnel de la Belgique qui fractionne la réalité quotidienne des détenus et des intervenants, chaque secteur dépendant d’un niveau de pouvoir ou d’une administration différente. Ils privilégient donc une logique partenariale entre les différents types de services travaillant avec les familles, les enfants et les détenus. Dans un autre registre, ils préconisent une attention particulière aux espaces dans lesquels se déroule l’accompagnement, ces derniers devant permettre de travailler avec les différents acteurs familiaux.

Le rapport recense également les fondements éthiques et déontologiques d’une intervention dans un cadre relationnel fortement perturbé. Le principe de base mis en avant est la non-ingérence : il est nécessaire que la démarche soit volontaire pour l’enfant et sa famille. En effet, les familles se trouvent souvent en marge de la société bien avant qu’un de leurs membres ne rentre en prison. Les membres de ces familles présentent alors « des réticences à collaborer ou à se ‘déshabiller’ devant des intervenants, personnes étrangères desquelles il faut justement se protéger parce qu’elles représentent la société dont ils se sentent exclus et dont ils craignent le jugement et les interventions normalisantes », expliquent les chercheurs. Dès lors, les intervenants sont appelés à se poser la question de savoir de quel droit dicter « la bonne conduite ».

Au-delà des projets soutenus et des résultats de cette recherche destinés aux (futurs) intervenants dans le soutien-accompagnement de la relation entre un enfant et son parent détenu, ce référentiel constitue un plaidoyer en faveur d’une reconnaissance urgente et d’une organisation professionnalisée des interventions en la matière.

Xavier Bodson (Agence Alter)

« Petit Tom en visite »

La brochure « Petit Tom en visite » est un outil illustré de dessins suggestifs montrant l’événement qu’est l’incarcération d’un père. Elle a d’ailleurs été réalisée avec l’aide d’un prisonnier, père de famille. Elle constitue un support utile pour les professionnels et les parents permettant par les dessins simples et évocateurs de faire comprendre aux enfants la réalité de l’incarcération de leur père.